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LES CHRONIQUES D’ARSENE: LEADERSHIP ET FEMMINISME

Etre leader, qu’est-ce que cela signifie réellement ? Est-ce une fable ou encore une légende ? Dans un  univers où ce mot est de plus en plus utilisé, à tort ou raison, il est défini selon chaque interprétation personnelle, mais l’essentiel devrait être de se positionner ou encore de se questionner, dans un sillage capital où l’influence est revendiquée pour impulser un changement. Dans cette dynamique, il ne pourrait certainement pas opposer le genre à la raison, car plus qu’une vogue ou un effet de mode, de plus en plus de mouvements se créent ou s’organisent pour revendiquer la légitimité de la femme et ceci dans tous les secteurs. On ne pourrait donc échapper à l’interrogation du leadership féminin, chevauché entre leadership et féminisme.

LEADERSHIP FEMININ EN AFRIQUE

Le leadership peut aussi s’appréhender comme la capacité à créer un monde auquel les autres veulent appartenir. En effet, être leader revient à être le meneur et le chef mais surtout, à être au service des autres en étant leur guide et leur porte-parole. Il revient donc de dire qu’être un guide n’a rien à voir avec le genre. Longtemps embrigadées, la société leur à confier le rôle de procréatrice avec des qualités d’empathie, de bienveillance et d’écoute perçu jadis comme des faiblesses pour la prise de décision. Malgré tout cela, elles ont su démontrer aux yeux du monde que loin d’être une faiblesse, c’était une identité pour le compte du leadership féminin qui au niveau des résultats n’a rien à envier à quiconque. De ce fait, le leadership féminin est donc la capacité d’une femme à mener ou conduire d’autres femmes ou des organisations de femmes dans le but d’atteindre certains objectifs. Tout part donc d’une logique d’atteinte d’objectifs. Il serait donc trompeur d’imaginer que  cela ne vise que les associations de femmes ou organismes de femmes ; cela reviendrait encore à minimiser leurs compétences au profit d’une discrimination liée au genre, ce qui justifierait le fait que malgré leurs compétences avérées, les femmes peinent encore à occuper des postes de responsabilités et ceci quel que soit le domaine d’activités.

Les faits sont têtus et l’histoire ne peut se défaire de la vérité. Le leadership féminin est un héritage des traditions anciennes. On a tendance à se dire ou à croire que si les femmes ne sont pas toujours au-devant de la scène, cela serait lié à leur place dans la société. Plus on veut se persuader de cela en se disant que cela est vrai, et plus on le croit mais c’est faux. Et même si on le pense de tout notre cœur il reste faux. Il serait erroné de croire que le leadership féminin est une nouveauté en Afrique. Sans nier la réalité des difficultés auxquelles sont confrontées les femmes en Afrique, ce serait insulter notre passé que d’oublier celles qui, en leur temps, ont été des pionnières et des modèles.

Terre de reines et de guerrière aux personnalités fortes et déterminées, l’Afrique célèbre encore aujourd’hui ses icones. Africa ou Ifri, déesse de la guerre qui donna énigmatiquement son nom au continent (Lybie); Hatchepsout femme de pharaon qui régnât 22 ans sur l’Egypte ; Les Amazones au service du royaume du Danhomé (Bénin) ; Princesse Yenenga, l’intrépide cavalière Mossi farouchement indépendante (Burkina Faso) ; Abla Pokou la généreuse reine Baoulé qui sauva son peuple (Côte d’ivoire) ; Nandi, reine des Zululand (Afrique du Sud ) ; Ngaliforou, souveraine du royaume de Téké (RDC). La liste n’est point exhaustive.

Un rôle discret mais incontournable car désormais, elles ont pris le temps de comprendre les rouages du monde moderne et reprennent peu à peu leur place, tout en mettant leur discrétion, leur efficacité et leur acharnement au travail.

L’HISTORIQUE DES MOUVEMENTS FEMINISTES

Le combat des femmes pour leurs libertés et droits date de l’époque des royaumes voire avant, chaque pays ou continent ayant sa propre histoire pour les revendications qui ont impulsé le changement et le début de leur considération.

Les femmes africaines avant la fin de la seconde Guerre mondiale, s‘opposent à l’oppression des empires coloniaux pour que les problèmes propres aux femmes qui sont laissés de côté soient intégrés aux luttes de libération. S’en suivra la légalisation du droit de vote.

MOUVEMENTS FEMINISTES ET TRADITION AFRICAINE

Les mouvements féministes en Afrique sont pluriels et variés. L’Afrique subsaharienne a connu un dynamisme et des changements importants depuis environ soixante ans. L’émancipation et la lutte des africaines pour l’égalité a commencé dès l’époque précoloniale. Des sociétés matriarcales ou matrilinéaires ont été présentes sur le continent avant la traite négrière et le colonialisme. Cela pourrait se démontrer en survolant la littérature spécialisée, où il est dit que sur certains territoires les femmes étaient des chefs de clan et le sont encore aujourd’hui, en jouissant d’une certaine autonomie et légitimité : dans les sociétés traditionnelles en Afrique, les femmes occupaient des postes de pouvoir.

Aujourd’hui, les chiffrent sur l’échelle tendent à nous rassurer de l’avancée des mouvements mis sur pieds : le parlement rwandais composé à 62% de femmes, plus de 40% du parlement au Sénégal, de l’Afrique du Sud, de la Namibie et du Mozambique appartiennent à des femmes.

Les mouvements féministes manifestent la prise de conscience qu’il s’agit de traiter les femmes à part entière dans le processus de développement. Les mouvements féministes sont comme des relais politiques qui exercent un rôle d’organes stratégiques et de plaidoyers. Les féministes en Afrique font, comme partout ailleurs, l’objet de stigmatisations et de méfiance. En effet, elles remettent en question les modèles socio-économiques ainsi que la place et le rôle de la femme dans nos pays.

AU DELA DE LA PRISE DE DECISION

Ainsi, le féminisme est souvent une notion mal comprise avec une connotation péjorative. Elle est souvent associée à des notions de rivalité avec la gent masculine, au lieu de voir au-delà de cela l’épanouissement et l’émancipation de la femme qui apporte sa pierre à la construction de la société. Rien n’étant parfait, les femmes sont invitées à quitter les tribunes pour entrer au stade et jouer non pas le ballon, mais pendre leur destin en main.

Nul n’est censé ignorer la loi. Néanmoins, nul n’est sensé aussi être une entrave à votre épanouissement. Personne ne devrait se targuer de décider pour vous ou de vous dire ce que vous allez faire. Loin des diktats, devenez ce que vous voulez ; mais attention à la négligence car si vous voulez faire une chose, tachez de bien la faire ou sinon, ne la faites pas. Cela ne voudrait pas dire que l’apprentissage par l’échec vous est interdit, mais au-delà de cela il faudrait en tirer des leçons.

Eveil des consciences chères dames, le destin de ce monde est entre vos mains, alors tachez de ne pas être recouvertes de panique et de stress. Combien de femmes se sont dites qu’il ne fallait pas le faire, ou qu’il fallait prendre sur elles de souffrir au nom de je ne sais quoi ? L’engagement devrait venir de votre propre personne non pas des autres. N’attendez pas d’être au-devant de la scène pour prétendre pouvoir changer les choses, devenez une meilleure version de vous-mêmes, soyez celles que vous voulez car vous pouvez tout.

Vous n’êtes pas en concurrence avec un autre genre, encore moins avec le vôtre, il ne s’agit pas de rivalité mais d’émancipation car ce temps est le vôtre.

Dans la société qui est la nôtre, les femmes ont joué un rôle déterminant dans notre histoire, quittant ainsi du silence pour la parole mais dans l’ombre du voile enroulé, elles montrent la voie de l’avenir. Le combat pour leurs libertés semble préoccuper tout le monde, ce qui a poussé ONU FEMMES à lancer un mouvement dénommée Génération Egalité, afin que chaque femme s’approprie cela et comprenne qu’elle n’est pas seule.

 

                                                                                                Arsene Eloga

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