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ALICE AU PAYS DE L’ENTRETIEN

Les deux Alice ont en commun de croire en leurs rêves, en plus d’être des héroïnes de leur temps. Sauf que celle que Zinzin Magazine met à la une de l’article Entrepreneuriat de ce jour, elle, est bien réelle. La cinquantaine entamée et la mine radieuse, affable et courageuse, la promotrice de la marque des produits d’entretien corporel et de maison Be Pure a bien voulu se prêter au jeu en nous édifiant sur sa personnalité, son parcours, ses aspirations.

Qui est Alice Ebenye?

Je m’appelle Alice Ebenye Mbongo, j’ai 52 ans, je suis diplômée d’une Licence en Comptabilité et Finance obtenue à l’université de Ngaoundéré. N’ayant pas trouvé d’emploi dans le domaine après plusieurs recherches, je me suis formée dans la délégation médicale. La formation a duré un an et quelques 2 mois après, j’ai obtenu mon 1er poste au Nord, représentant France Lait dans le septentrion. Après un an, les choses ont commencé à péricliter; les laits pédiatriques n’étaient pas très acceptés dans cette zone à l’époque. J’ai été licenciée. Et juste après, j’ai postulé pour un nouveau laboratoire: Sothema, où j’ai fait carrière.

Qu’est ce qui vous emmené à vous lancer dans l’entrepreneuriat?

Entre-temps, un problème se posait. Ma famille était à Yaoundé, et moi au Nord. J’ai demandé plusieurs fois l’affectation, mais le travail me réussissait tellement là-bas que mon Boss ne voulait pas que je rentre travailler à Yaoundé. Après 8 ans, mon frère met sur pied une entreprise de BTP et souhaite qu’on travaille ensemble. Il accepte mes conditions, parmi lesquelles le fait que je consacrerai une semaine par mois à son entreprise. Et j’arrivais à m’acquitter de mes responsabilités. mais après un quelques années, l’entreprise prenait de l’ampleur et moi voulant rentrer sur Yaoundé, malgré que j’étais bien payée par le laboratoire, j’ai démissionné et je suis rentrée m’installer dans la capitale pour travailler à plein temps avec mon frère. Je prenais de l’âge et la délégation médicale devenait stressante; et de l’autre côté mes enfants grandissaient et commençaient déjà à me créer quelques problèmes liés à la puberté. J’ai préféré sacrifier mon poste au laboratoire.

À Yaoundé, j’étais près de la famille et je m’imprégnais déjà bien de mon poste à responsabilités qui n’était autre que la supervision et un peu de promotion. Jusqu’à ce que je rencontre cette dame qui voulait que je me forme dans la savonnerie artisanale. Après maintes réticences, je l’ai fait. Et c’était vraiment intéressant. Je n’achetais plus d’eau de javel, de savons de toilette, de savons liquide dans les supermarchés. Et c’était très économique au point où, je donnais à tous ceux qui entraient chez moi et plus tard, ils en redemandaient moyennant de l’argent. C’est là que m’est venue l’idée de créer mon entreprise.

J’ai donc fait une petite étude du marché et j’ai conclu que j’allais m’y lancer, j’y prenais goût; c’est devenu une passion. J’ai décidé de voler de mes propres ailes, de ne plus travailler pour les gens. j’ai commencé petit à petit avec mes propres moyens et jusqu’ici, malgré les propositions des uns et des autres voulant s’associer, je continue avec mes propres moyens à m’étendre jusqu’à un niveau et après, je pourrai accepter les sponsors ou les associations.

Ce n’est pas encore ça, mais je ne me plains pas. Je continue à bosser et mon défi est que j’y prospèret. Je suis déjà en voie de gagner mon pari.

Décrivez-nous une de vos journées type?

J’ai des jours de production. Par semaine, je produis 4 jours sur 7. Il faut laisser sécher pendant au moins 3 à 4 jours et les 2 jours d’après, au début la semaine suivante, sont consacrés à l’emballage.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le cadre de votre activité?

Les difficultés sont d’abord au niveau des employés: je ne peux pas en prendre maintenant jusqu’à ce que j’atteigne un certain niveau; je suis celle qui fait tout. Il ya également des difficultés au niveau du matériel. Je n’ai pas encore le matériel adéquat pour travailler. Ce qui entraîne d’autres difficultés comme le séchage des savons pour les savons de toilette. Et parfois, la demande est forte; il m’arrive de ne pas honorer le jour j à certains rendez-vous.

Il ya également des moments où il n’y a pas de commandes et lorsqu’on produit, il faut écouler la marchandise. Actuellement, j’ai un seul distributeur et vendeur à Douala.

Avez-vous recours aux intrants locaux pour la fabrication de vos produits?

La plupart des matières premières que j’utilise vient de mon pays.

Quelles sont vos perspectives d’évolution?

J’aimerais m’étendre sur tout le territoire national, voire dans d’autres pays subsahariens.

Un mot pour la fin…

J’encourage tous ceux qui se lancent dans l’entrepreneuriat à ne pas baisser les bras, à croire en ce qu’ils font, à travailler dur et le résultat sera visible. Que l’âge ne soit aucunement un frein pour se lancer dans l’entrepreneuriat.

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