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Les Chroniques d’Arsène: AMMA

Qu’elles soient encore présentes ici-bas ou dans l’au-delà, leur passage sur terre ne peut se résumer à un son de tambour exécuté par la fanfare. Qu’il faille les célébrer tous les jours de notre vie ou se pencher sur le jour arrêté, les procréatrices méritent d’être honorées. Il s’en va donc se dire que même si cette faculté de donner la vie est mise en avant ce jour, il n’en reste pas moins que leur statut est également mis en cause. Le dévolu reste encore très grand en ce qui concerne même la vie et la condition maternelle.

DES MÈRES

Sur le plan social, l’enfant confère à la mère un certain satisfecit d’appartenir à une catégorie sociale qui attire le respect et l’admiration. Devenir maman devient alors un besoin d’appartenance, disons même une impérativité de peur de ne pas répondre aux codes établit par ladite société.

Sur le plan socioculturel, dans les premières sociétés négro africaines, « Maman » se dit « Amma » en sumérien et dravidien, et « Ma » dans certaines langues africaines. Ces termes désignaient à la fois la mère et la zone de terre. La mère est donc la grande mère des origines, la mère primordiale, pourvoyeuse de vie, la pierre angulaire, ce qui est vrai. La mère se voit donc attribuer une triple fonction : elle est la mère qui donne la vie, elle est la mère qui nourrit, elle est la mère que l’on doit écouter et respecter.

Sur le plan religieux, la mère est le centre de la famille, elle a un rôle central dans la société, elle donne la vie et permet de perpétuer l’œuvre du divin, elle est donc la personne à considérer et à aider dans la vie quotidienne.

Sur le plan psychologique, être mère fait du bien à notre psychisme et mental. Prendre soin d’une autre personne qui n’est pas nous, porter la vie, nous consolide et nous établit en nous édifiant.

LES REPUDIÉES

Longtemps marginalisée, mises à part ou mal traitées, et ceci dans tous les sens du terme, la femme qui n’a pas connu l’enfantement est un fardeau pour la société et un problème donc à éradiquer. Elle est l’objet de toutes moqueries, du déshonneur, de calomnies, elle porte en elle les gènes de sa destruction, elle est l’origine de son discrédit.

Les mères se réjouissent souvent  à l’avance des cadeaux que leurs enfants leur offriront à l’occasion de la fête des Mères. Mais cette fête peut aussi générer de la tristesse, du désespoir, et même des idées suicidaires, chez des femmes qui n’ont pas eu d’enfant en raison de circonstances de la vie : stérilité, absence de partenaire, maladies, … Plusieurs femmes involontairement sans enfant, ne se sentent pas importantes aux yeux de la société ni accomplies, elles ressentent un sentiment d’échec.

Qu’elles l’aient choisi ou s’y soient résignées, les femmes sans enfant sont très souvent stigmatisées. Certaines d’entre elles ont fait ce choix pour des raisons religieuses, à cause de leur foi ou de leur croyance, d’autres par contre à cause de leur conviction ont décidé de s’abstenir de procréer. La société aussi n’a pas aidé, le coût de la vie ou les conditions de vie ont appelé  la conscience féminine à se résigner, d’autres n’en veulent pas tout simplement, se disant qu’elles ne veulent pas être reléguées juste au rang de la maternité et rien d’autre.

Dans une société où l’enfant est l’accomplissement de l’amour, l’incarnation du bonheur et de l’importance de la vie, la fête des mères qui est née au début du XXe siècle aux Etats-Unis, invite à reconnaitre l’importance de la mère dans la société. Cette femme qui ne devrait pas seulement être vue comme la procréatrice, mais plutôt la responsable de la pérennisation de l’espèce humaine. A celles donc qui pour des raisons personnelles ou naturelles n’ont pas de progéniture, ce moment est aussi donné de respecter leur choix et à celles qui ont vu ce rêve se briser, leur porter secours, partager avec elle le réconfort qu’on pourrait leur donner et non les stigmatiser. La vision du monde est celle que nous voulons, car toutes les femmes sont des reines, et une reine ne fléchit jamais les genoux sauf pour son bon plaisir.

 

Arsene Eloga

 

 

 

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