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SOCIÉTÉ: LE TESTAMENT

Le cavalier de la mort a encore frappé, il nous a encore pris l’un des nôtres, il passe et repasse et répand par son passage les pleurs, la douleur, la disette, le chagrin et le manque. La perte d’un être cher, n’est jamais une chose vécue de manière aisée, car la mort n’est pas un mot qu’on prononcerait volontiers. On voudrait bien vivre sans penser à la mort, ou se dissocier tout simplement d’elle, mais impossible car dans l’antonymie, s’il y a vie aujourd’hui, demain il y aura mort.  La vie n’est-elle pas l’absence de mort et la mort, la perte de la vie ?

La mort, on en parle ? Combien de temps nous faudrait-il encore pour nous dissocier de ce phénomène ? On ne pourrait pas prétendre savoir ce qui se passe après elle, mais on sait ce qui se passe maintenant. Elle rode non pas comme un lion cherchant qui dévorer, mais elle est là et quoi qu’on dise, nous sommes soumis à son verdict.


ET SI JE MEURS ?

Tous nous allons passer de vie à trépas, d’autres le sont même déjà, vu qu’il s’agirait vraisemblablement de plusieurs types de mort. « Il est mort » que signifie véritablement ce mot ?

D’un point de vue médico-légal, la mort d’un être humain est le moment où le corps commence à se décomposer, à partir de l’instant où toutes les fonctions vitales sont suspendues : arrêt du cœur, de la respiration, du flux sanguin, des activités cérébrales. Au niveau cellulaire, la mort désigne l’arrêt des fonctions de base d’une cellule. Médicalement, certains termes pourraient être associés à la mort : la mort cérébrale, l’état végétatif.

Sur le plan religieux, la mort est le passage d’un état à un autre, le début d’une nouvelle vie ; mais pas seulement, car elle pourrait aussi être assimilée à une sentence, à un jugement. La faucheuse pourrait aussi être acclamée en réponse à un tort subi. A cet effet elle ferait donc office de justice, de vengeance.

La mort est un phénomène individuel ; c’est aussi un phénomène de société. Les circonstances de cette dernière devraient donc permettre aux acteurs de la société de se retrouver et de donner un sens à leurs jours. C’est alors le moment de la transmission des valeurs et du devenir.

JE FAIS MON DEUIL

Souvent associé à la souffrance, le deuil est aussi considéré comme un processus nécessaire de délivrance.

Le deuil est l’une des expériences les plus douloureuses que l’on puisse affronter dans la vie. Elle représente à la fois la réaction émotionnelle et affective, douloureuse consécutive à la mort d’une personne significative. Le deuil est donc la mise en place d’un processus intrapsychique à la fois comportemental, cognitif et socioculturel face à  la perte définitive d’un proche.

La personne endeuillée va ressentir tout un tas d’émotions comme la peur, la culpabilité, la colère, la tristesse, l’injustice, la frustration, le dégoût et par conséquent aura des comportements en conséquence, pouvant entrainer des troubles du comportement. Le but de ce processus de deuil est de réussir à  continuer de vivre et d’accepter cette perte définitive et irrémédiable.

La durée d’un deuil est très variable, suivant la souffrance de la personne. Elle peut s’étendre de plusieurs semaines à plusieurs mois ou même plusieurs années. Néanmoins, quand le deuil fait suite à la perte d’un proche, la première année est souvent décisive afin de revisiter toutes les grandes dates anniversaires.

Sur le plan psychologique, entre tristesse, remise en cause ou même dépression nerveuse, il y a trois phases dans le processus de deuil. La phase de déni ou sidération pendant laquelle la mort de l’être cher n’est pas encore intégrée, elle dure relativement peu de temps. La phase des états dépressifs avec des manifestations de douleurs physiques et morales ; la durée est variable pour un chacun. La phase de restructuration pendant laquelle on essaie de reprendre goût à la vie.

Sur le plan social, le sujet en deuil peut développer des attentes nouvelles vis-à-vis de son entourage : besoin d’attention, de solitude, de calme, d’isolement, de distraction car ses sentiments individuels et son état mental affectent sa capacité de maintenir ou d’entrer en relation avec autrui.

Selon les aspects socioculturels, dans toutes les sociétés, le deuil impose aux proches du défunt et plus particulièrement à son conjoint, l’adoption de comportement ritualisés et le respect des interdits. Dans les sociétés traditionnelles, l’expression de la douleur est codifiée. Le port d’une couleur bien précise s’impose sur le plan vestimentaire. Le deuil est souvent collectif et ce deuil social suit la même temporalité que le deuil psychologique avec une durée souvent fixée à un an.

Sur le plan religieux, c’est un accompagnement collectif et aussi personnel, la séparation étant la phase à maitriser pour des retrouvailles avec la personne qui nous a quittés pour une autre vie. Au-delà d’être un moment de dénouement, c’est aussi un temps de préparation, de remise en question, d’autoévaluation mais aussi, un moment de solidarité pour ceux restés en vie.

La mort reste un phénomène incompréhensible, un mystère, une énigme dont personne ne peut se targuer de maitriser. Elle survient toujours au moment où on s’y attend le moins. Elle est la véritable explication de l’effet de surprise. De plus, son passage cause presque toujours des dégâts, laissant ainsi les endeuillés sans défense et exposés au chagrin. Ce qui donne suite à une période de deuil qui devra être bien gérée pour éviter de sombrer. A chacun donc son temps et que le temps reste le maitre des circonstances.

 

 Rédacteur : Arsene Eloga

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